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Evaluation d’entreprises

L’évaluation des entreprises est un élément majeur dans la vie d’une entreprise.

Nous retrouvons l’évaluation aux étapes clés de la vie d’une entreprise :  pour son développement lors de la levée de capitaux, en démarche de croissance externe pour évaluer une cible, en pleine restructuration ou fusion pour déterminer un rapport d’échange, au moment de la vente de celle-ci ou encore pour évaluer une donation lors de la transmission de celle-ci.

Le cadre de l’évaluation d’entreprises peut être très varié :

  • contractuel, dans une démarche volontaire de la part du dirigeant ;
  • amiable, en présence de plusieurs parties ;
  • légal, comme le prévoient les articles 1843-4 et 1592 du Code Civil français notamment en présence d’un litige entre associés ;
  • judiciaire, avec la nomination d’un expert par un tribunal, dans le cadre d’un audit légal des comptes d’une entité, notamment pour s’assurer de la valeur des actifs financiers de celle-ci, dans un cadre boursier.

L’évaluation d’entreprises est un processus complexe. Il n’existe pas de méthode obligatoire et officiellement reconnue par un texte de loi. C’est ce qui rend complexe le métier de l’expert en évaluation. L’auditeur légal dispose des normes IAS-NEP, le professionnel du Bâtiment du DTU… mais pas l’expert en évaluation. Il est sans filet. Seul son expérience le guidera.

Dans un contexte de cession d’entreprise, la « vraie « valeur de celle-ci sera le prix qu’acceptera de verser l’acheteur et qui sera accepté par le vendeur en l’échange de son entreprise.

Dans un cadre fiscal, la notion de « vraie valeur » est plus délicate. Avant 1982, il n’y avait aucune doctrine en matière d’évaluation.

2007 a vu l’apparition d’un guide qui a apporté davantage de sécurité au contribuable. L’approche par les transactions comparables reste la méthode privilégiée. En l’absence de comparables, l’administration a publié des tablettes permettant de prévoir un mixage entre les approches dites patrimoniales et de rentabilité. L’administration fiscale identifie la méthode DCF (Discounted Cash-Flow), non comme référence mais comme une valeur dite de cohérence. La jurisprudence est de plus en plus riche sur les interprétations

Enfin, l’administration fiscale a identifié et défini les principales décotes acceptées en matière d’évaluation.

Vous le comprendrez à la lecture de ce qui va suivre, l’évaluation de la valeur potentielle de votre entreprise dépasse une simple addition, multiplication ou division de chiffres issus de vos bilans et comptes de résultats.

Nous vivons une époque où il faut aller vite, où il faut automatiser, où il est question d’intelligence artificielle. Rien ne remplacera l’appréciation de l’expert en évaluation d’entreprises.

Faites table rase de ces pseudo outils qui vous calculent votre valeur d’entreprise en 10 minutes après y avoir entré les chiffres de vos 5 derniers bilans et comptes de résultat.

Fuyez ces pseudo-experts qui vous apprécient la valeur de votre entreprise « sur un coin de table » au doigt mouillé, en se focalisant sur la valeur de vos capitaux propres.

Votre entreprise est le fruit du travail de toute votre vie professionnelle : il ne se traite pas en une heure de temps.

Comprenez que l’évaluation de votre entreprise est une vraie démarche d’expert.
C’est aussi et avant tout une évaluation de la stratégie de votre entreprise, de ses avantages concurrentiels, de son capital humain, de son innovation, de sa croissance, de son pouvoir de décision sur ses clients et fournisseurs, de ses concurrents, de ses freins au développement, de ses obstacles à l’entrée du marché… Tous ces critères ne se retrouvent pas dans les chiffres de l’entreprises, ni dans ses comptes.

 

L’objectif

L’évaluation d’entreprise vise en fait à chercher à trouver la juste valeur d’une entreprise.

Valoriser une société, c’est calculer à l’instant T la valeur financière d’une entreprise en tenant compte des données comptables passées et surtout du potentiel de développement de la société tout en prenant en compte les valeurs comparables des concurrents du secteur.

La motivation et les objectifs varient en fonction du cadre, du contexte de l’évaluation et surtout de celui qui passe la commande…

L’évaluation « patrimoniale » commanditée par le chef d’entreprise pour évaluer son patrimoine à un instant T en vue de le transmettre à ses enfants ne sera pas conduite avec les mêmes critères que la démarche de l’évaluation d’une cible dans une démarche de croissance externe pour un vendeur potentiel.

Dans le premier cas, il y a fort à parier que la recherche d’éléments de décote se fera avec beaucoup de vigueur en vue d’optimiser la transmission.

Dans le second cas, le vendeur se battra avec ardeur pour limiter au maximum la prise en compte d’éléments de décote.

Prenons le cas d’une start-up en phase d’amorçage où le fondateur est confronté à des investisseurs potentiels en vue d’une levée de fond. L’absence de résultats passés, va pousser le fondateur à démontrer le potentiel de développement et de gains de son « bébé » dans le futur. Son objectif est de ne pas être trop dilué dans le capital.

A travers ces quelques exemples, nous retrouvons toujours le même point commun : celui de trouver un point central qui puisse donner satisfaction à chacun des acteurs : le vendeur, le donateur, l’acheteur, le financeur, l’administration fiscale et le juge.

 

Pas une simple histoire de chiffres  |  l’analyse stratégique : une étape indispensable !

La première des étapes dans une démarche d’évaluation d’entreprise, est l’analyse stratégique. L’erreur à ne pas commettre est d’outre passer cette étape fondamentale dans la compréhension de l’entité.

La première approche consiste à bien connaître la chaîne de valeurs. Que fait l’entreprise ? En amont : l’entreprise achète ? l’entreprise fabrique ?

En aval : le circuit de ventes est-il en B to B ou en B to C ?

Qui sont les concurrents de l’entreprise ? Quel est le poids des principaux clients ? Les fournisseurs sont-ils nombreux ? Quelles sont les capacités de l’entreprise à changer de sourcing ? Les achats se font-ils en devises étrangères ?

Dans un second temps, la démarche consiste à définir les segments produits et clients.

Se poser alors les bonnes questions, comme par exemple le taux de transformation des devis en commande, la taille des commandes, l’indice de complexité.

L’indice de complexité permet souvent d’avoir un premier aperçu de l’entreprise sans avoir besoin d’explorer les détails. Prenons l’exemple du restaurant qui propose une carte très simple avec 3 plats au choix et celui qui propose une carte avec un choix infini allant des croques monsieur aux fruits de mer (même hors saison) sans oublier les pizzas. Il y a fort à parier que le second exemple sera plus exposé à des problèmes de process et de pertes potentielles que le premier qui a simplifié son process pour mettre le maximum sur la qualité.

Vient alors l’analyse du marché de notre entreprise à évaluer. Il y a lieu de connaître le positionnement marché de notre entreprise. Chez CELIANCE, nous disposons de nombreux outils et abonnements qui nous permettent d’avoir une connaissance actualisée de la plupart des marchés et secteurs d’activité. Nous utilisons XERFI, DIANE, sans oublier CEO REXECODE et CAIRN.

L’analyse stratégique permettra d’identifier les ressources stratégiques de l’entreprise.

Point important dans l’analyse stratégique : mesurer les avantages concurrentiels de l’entreprise.

Être leader de son marché ne suffit pas. Il faut inscrire le succès dans la durée. Tout est question d’agilité et de savoir adapter sa chaîne de valeurs aux contraintes d’un marché.

Il faut donc être prêt à faire évoluer son business model et surtout garder un avantage concurrentiel vis-à-vis des autres compétiteurs.

Thomas Cook comptait parmi les géants du secteur du voyage (2ème tour opérateur européen), avec un chiffre d’affaires de 10 milliards de livres, 22.000 salariés, 544 agences de voyages (dont 180 en France), 199 hôtels sous sa marque et 4 compagnies aériennes, totalisant une centaine d’avions moyen et long-courriers.
La faillite de Thomas Cook marque la fin du modèle du tour-opérateur intégré.
Internet a sonné le glas du modèle des groupes touristiques intégrés : il offre la possibilité de composer soi-même son voyage à des tarifs souvent plus compétitifs.
Le consommateur a changé. Du forfait all inclusive, il veut désormais de la flexibilité.
Le ‘packaging dynamique’ qui est le propre des acteurs du commerce en ligne, est plus compliqué pour les tour-opérateurs traditionnels.
Les compagnies low-cost, ont achevé le travail en rendant caduc le modèle de la compagnie aérienne touristique intégrée.
TUI, le concurrent de Thomas Cook, a su rester dans la course en faisant évoluer son business model, notamment en cédant la majorité de Corsair à Intro Aviation.
Et vous ? Votre chaîne de valeurs, est-elle encore adaptée à votre marché ? Quels sont réellement vos avantages concurrentiels ? Quelles sont vos véritables ressources stratégiques ?

 

Les retraitements et format économique des comptes  |  les principaux agrégats

Evaluer une entreprise en se basant sur les comptes annuels est un non-sens économique. Pourquoi ?

Plusieurs raisons :

I.Les normes françaises

Les normes comptables françaises standards se fondent sur la notion de propriété et non d’usage. Conséquence : les biens loués en crédit-bail ne figurent pas au bilan mais en charges d’exploitation.

Il est donc utile de réintégrer les biens loués en crédit-bail dans l’actif pour sa valeur d’utilité et au passif pour la dette restant à payer.

II.Les comptes annuels : davantage un bilan fiscal plutôt qu’un bilan économique

Le résultat net après impôt n’est pas forcément le reflet réel d’une activité. Très souvent, le résultat est diminué par des charges complémentaires ou autres provisions pour optimiser l’impôt sur les sociétés.

Il est donc indispensable de reprendre les postes du compte de résultats et détecter les éventuelles charges « en trop ».

La politique d’amortissement est souvent calquée sur les avantages fiscaux. Il est donc nécessaire d’apprécier si les durées et modes d’amortissement correspondent bien à une réalité économique.

III. Les autres retraitements

Les autres retraitements proviennent des éventuelles charges excédentaires, voire somptuaires et non nécessaires à l’exploitation.

Les exemples sont nombreux : les sursalaires des dirigeants, les loyers majorés et hors marché pour les biens loués appartenant au dirigeant, les charges de direction parfois excessives, font l’objet de retraitement.

En présence d’un groupe de sociétés, nous serons très attentifs aux frais de sièges et autres management fees. La question à se poser : sont-ils cohérents avec la réalité des prestations et cohérents avec le prix de marché. A défaut, un ajustement s’impose.

On le voit bien à travers ces exemples, que les ajustements sont indispensables pour parvenir à présenter des comptes sociaux qui sont le reflet de la réalité économique de l’entité évaluée.

L’objectif est de parvenir à calculer des agrégats. Quels sont-ils ?

Les Agrégats employés pour les missions d’évaluation.

En matière d’évaluation, les agrégats comptables que nous retrouvons sont : l’EBIT, l’EBITDA, et le résultat net. De quoi s’agit-il ?

L’EBITDA :

Cet indicateur de marge est obtenu en déduisant du chiffre d’affaires, l’ensemble des dépenses courantes à l’exception de trois éléments que sont :

  • Les éléments comptables calculés (dotations aux amortissements et celles aux provisions nettes des reprises) ;
  • Les intérêts sur emprunts : ce sont les intérêts résultant de la dette financière ; sont également exclus ceux provenant des biens pris en crédit-bail ;
  • L’impôt sur le résultat.
L’EBIT :

C’est la marge avant les intérêts et l’impôt sur le résultat, on l’obtient en déduisant de l’EBITDA la dépréciation des actifs ou si l’on prend comme point de départ le résultat net, en y ajoutant les intérêts d’emprunt ainsi que l’impôt sur les sociétés.

Le résultat net :

Le résultat Net est composé de l’EBIT après prise en comptes du résultat financier et de l’impôt sur le résultat.

Pour permettre une bonne lisibilité des différents indicateurs, des taux de marges sont calculés en proportion du chiffre d’affaires. On compare l’évolution du taux de marge avec la croissance annuelle du chiffre d’affaires, afin de déterminer le degré de contribution de la croissance sur les taux de marge et ainsi faire ressortir l’impact de la croissance sur la profitabilité.

Pour permettre une correspondance avec les trois agrégats vus ci-dessus, il est nécessaire d’analyser trois indicateurs de flux de trésorerie :

  • Le cash-flow d’exploitation : avant intérêt, impôt et investissement ;
  • Le cash-flow disponible pour l’entreprise ;
  • Le cash-flow disponible pour les actionnaires.

Un autre ratio qui a son importance : le ROCE (Return On Cost of Equity).
Ces ratios permettent d’exprimer, le poids respectif des capitaux propres et des dettes financières nettes dans le financement global de l’entreprise.
Ainsi, chaque entreprise est spécifique en fonction de son business model.
La question à poser est très simple : « combien faut-il que j’investisse en capitaux économiques pour réaliser 1 € de chiffre d’affaires ? »
Prenons l’exemple d’une industrie lourde (fonderie) ou un hôtel, à comparer avec un prestataire de services de type consultant.
Les capitaux engagés ne sont pas du même niveau pour produire 1 € de chiffre d’affaires.
L’analyse de la ROCE doit donc se faire en tenant en compte de la nature de l’activité.

 

Les méthodes à privilégier – les pièges à éviter – toujours au moins 2 méthodes

La règle est qu’en matière d’évaluation, il est nécessaire de mettre à minima deux méthodes en présence.

Les méthodes les plus utilisées sont :

Les multiples de comparables et le Discounted Cash-Flow.
Nous distinguons 2 types de comparables : les comparables boursiers et les comparables en transactions.
En matière d’évaluation d’une Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI), il est préférable de s’appuyer sur les dernières transactions. Ce sera plus parlant que les comparables boursiers qui sont parfois déconnectés du contexte de l’ETI.
Il existe des bases de données indispensables à toutes évaluations. Il est fréquent de rencontrer des rapports d’évaluation qui présentent des multiples (4 à 6 fois l’EBITDA par exemple), mais souvent déconnectés du secteur d’activité. Le multiple est donc souvent en lien avec le secteur.
Il est aussi indispensable de bâtir un panel sur la base d’une population suffisamment représentative. Ainsi, prendre un seul cas de transaction n’est pas fiable.
La méthode des Discounted Cash-Flow est très souvent utilisée. Il est toutefois prudent de tester la fiabilité du prévisionnel. Le taux d’actualisation est quant à lui fondamental. Il doit prendre en compte la taille, le marché, le risque. Un taux compris entre 15 et 20 % est cohérent en présence d’une ETI.

Voici les 2 principales erreurs à ne jamais commettre :

I. Utiliser l’Actif Net comme élément prioritaire : l’actif net ou actif net corrigé est une notion juridique et comptable et n’a pas de sens d’un point de vue économique. L’utilisation de cette méthode revient à se positionner d’un point de vue « arrêt d’exploitation ».

II. Faire la moyenne des méthodes incompatibles : démarche souvent pratiquée et notamment par l’administration fiscale, elle se fonde sur 2 hypothèses contradictoires : la poursuite de l’entreprise et sa liquidation, en mixant des calculs sur le rendement futur et des estimations de patrimoine liquidatif.

Quelles sont les principales méthodes d’évaluation que nous préconisons ?

I. Méthode des multiples (Comparables) : Cette méthode consiste à analyser la valeur économique de société comparables sur le même marché et en retenir un coefficient multiplicateur des agrégats comptables : chiffre d’affaires, EBITDA, résultat net…

Nous utilisons pour cette méthode d’évaluation, des bases de données financières telles que IN FRONT ANALYTICS pour les comparables boursiers et d’autres bases de données telles qu’EPSILON, pour les comparables de transactions.

A noter qu’en présence d’une ETI, ou PME-PMI, il est indispensable d’utiliser la méthode des comparables de transactions. La méthode des comparables boursiers ne sera qu’une manière de confirmer la tendance des multiples. Une décote (décote de liquidité) est indispensable avec l’approche des comparables boursiers.

II. Méthode des flux de trésorerie futurs (DCF) : Dans cette méthode, on actualise les flux futurs de trésorerie de la société : l’évaluation est ici basée sur un prévisionnel d’activité. Cette méthode est très souvent utilisée en évaluation d’entreprises. Néanmoins, nous préconisons de porter une attention toute particulière à la qualité du prévisionnel. Il y a lieu d’éprouver celui-ci avec les tendances du marché, et surtout avec les capacités de l’entreprise à faire de la croissance.

Autre point d’attention : la valeur terminale. La valeur de l’entreprise se décompose en 2 composantes : l’actualisation des flux nets de trésorerie sur la base d’un prévisionnel sur 3 à 5 ans et la valeur terminale. Il s’agit de la valeur à l’infini calculée selon un flux (cash-flow) normatif avec un taux de croissance à l’infini (en général autour de 1.1 – 1.2%).

Ainsi, si vous obtenez une valeur globale d’entreprise avec une part de plus de 70 % représentée par la valeur terminale, nous déconseillons de prendre en considération la valeur DCF. Cela signifierait que l’entité n’est pas profitable dans le court-moyen terme mais dans un futur lointain. Dernier point d’attention dans l’évaluation en méthode DCF : le taux d’actualisation. Celui-ci doit tenir compte du risque marché, de la volatilité du secteur (BETA), de la taille de l’entité.

Nous utilisons la méthode du MEDAF pour obtenir un Coût Moyen Pondéré des Capitaux Propres (CMPC).

III. Valeur de rendement : Elle consiste à valoriser une société en fonction des résultats qu’elle produit. Cette valorisation est le produit de la capitalisation du résultat net ou du résultat d’exploitation. La méthode capitalise le bénéfice. Il convient de déterminer avec précision le bénéfice distribuable généré.

Nous écartons cette méthode en présence d’une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire), car les résultats manquent de fiabilité. 

Les dividendes sont dans la plupart des cas distribués ou non selon les volontés des dirigeants qui sont dans la plupart des cas, les actionnaires.

IV. Méthode des flux de dividendes futurs (DDM) : Dans cette méthode, on actualise les flux futurs de dividendes de la société : l’évaluation est ici basée sur un prévisionnel de résultat distribuable.

V. Méthode de Monte-Carlo : Ce n’est pas une méthode d’évaluation proprement dite, mais une méthode visant à fiabiliser les résultats obtenus dans un intervalle de confiance.

Elle sera utilisée pour les évaluations d’entreprises qui présentent des facteurs externes sensiblement variables et ayant un impact sur le résultat de cette dernière. Cette méthode utilise des procédés aléatoires ou techniques probabilistes et est mise œuvre avec la méthode DCF et celle des multiples pour calculer la valeur de l’entreprise.

VI. Valeur patrimoniale ou mathématique : Elle s’obtient par la somme des valeurs économiques des différents éléments de l’actif diminuée de la somme des éléments du passif réel (dettes à long, moyen et court terme) et des provisions. Elle suppose donc un retraitement des bilans de façon à corriger les valeurs comptables pour les ramener aux valeurs réelles. Comme évoqué ci-avant, nous écartons cette méthode hormis dans les cas suivants :

    • Les HOLDING ;
    • Les FONCIERES.

Cette méthode doit malgré tout ne pas être mise de côté car les services fiscaux utilisent cette méthode en particulier

 

L’évaluation par secteur d’activité

Comme nous l’avons dit plus en avant, il n’existe pas de règle stricte en matière d’évaluation. Il existe néanmoins des usages dans certains secteurs.

Prenons comme exemple :

  • le secteur hôtelier ;
  • les concessions automobiles ;
  • le secteur des assurances IARD et Assurances Vie ;
  • le secteur de la gestion de patrimoine ;
  • les cabinets d’expertises comptables.

La méthode consiste en général à utiliser un multiple du chiffre d’affaires pour donner une valeur à l’entreprise.

A titre d’illustration, en matière d’assurance IARD, le portefeuille est valorisé 2.5 fois les commissions reçues sur primes encaissées. Ce multiple peut aller jusqu’à 5 en matière d’assurance vie.

Un cabinet d’expertise comptable se valorise en général une année d’honoraires soit un multiple de 1 fois le chiffre d’affaires. Ce multiple peut augmenter en fonction d’autres paramètres : l’emplacement, le type de clients, etc…

Un exemple de secteur : les start-ups

Chez CELIANCE, nous avons acquis une expérience en matière d’évaluation de start-ups.

L’évaluation financière d’une jeune entreprise s’effectue par nature sur la base d’un historique financier limité et d’un prévisionnel présentant une croissance bien souvent très forte. Ainsi, l’objectif est de valoriser le potentiel de la structure.

Il existe pas moins de 4 stades de la start-up :

  • le projet : produit ou concept non validé => pas de chiffre d’affaires
  • le lancement : produit ou concept non finalisé => pas de chiffre d’affaires
  • les premières ventes : chiffre d’affaires mais pas de rentabilité
  • la rentabilité : premiers profits / cash-flow positifs

Il n’existe pas de méthode unique, ni de comparable idéal.
La difficulté de déterminer une valeur montre qu’en pratique, les investisseurs utilisent le juridique, ex : les actions de privilège.
Quelles sont les méthodes en matière de start-ups ?
Parmi les méthodes classiques :  la méthode DCF n’est pas la plus appropriée.
Elle nécessite un plan d’affaire, d’où le risque d’avoir une base non fiable, car non vérifiable.
Autre difficulté pour déterminer le taux d’actualisation : la méthode MEDAF n’est pas utilisable.

 

Chez CELIANCE, nous utilisons plusieurs méthodes :

  • Valorisation du capital immatériel ou du potentiel :

A l’origine, la jeune entreprise ne possède que très peu de biens et un historique financier limité. Il est donc difficile de se prononcer sur la richesse de l’entreprise qui à ce stade est surtout un potentiel reflété par son capital immatériel. Afin de prendre connaissance des forces et des faiblesses de la société, nous évaluons la valeur immatérielle de l’entreprise au moyen d’une grille de notations sur 20. Nommée Thésaurus Bercy, cette étude met en évidence les méthodes nécessaires pour appréhender la valeur de l’actif immatériel et ses composantes.

Cette approche nous permettra de valider la viabilité du potentiel de la structure, son niveau de risque et ainsi la fiabilité du prévisionnel.

  • Valorisation via la Venture Capital Method :

Ce modèle financier alternatif développé par les professionnels du capital risque est un mélange entre celle de l’actualisation des flux futurs de trésorerie et celle des multiples. L’intérêt principal de la méthode du Venture Capital est que celle-ci est largement répandue et est ainsi la plus communément admise dans la valorisation des Start-Ups et plus généralement des jeunes entreprises, car elle est la plus à même de concilier la vision des entrepreneurs et des investisseurs. Reposant sur l’utilisation d’un taux d’actualisation très élevé, elle vise à assurer aux investisseurs un taux de rentabilité important, tout en évitant une discussion difficile et fastidieuse sur les prévisions du plan d’affaires.

Le niveau de risque étant la variable la plus importante, elle conditionnera la rentabilité attendue par les investisseurs. Cet élément sera validé d’une part par la notation du capital immatériel et d’autre part par une approche statistique (la Méthode Monte-Carlo).

  • Mesure statistique – la méthode Monte-Carlo :

Il est difficile de valider avec certitude la valeur à la sortie d’une jeune entreprise. Afin de remédier à cette situation et d’intégrer cet aléa aux calculs, nous recommandons de recourir à la méthode de Monte-Carlo. Cette méthode statique apporte une grande amélioration à la réduction souhaitée du hasard.

 

Nos conseils

Quels facteurs influencent la valorisation de l’entreprise ?

L’évaluation de l’entreprise peut être à la hausse (surcote) ou à la baisse (décote) selon certains facteurs constatés par les experts. Les éléments qui jouent sur la valeur de l’entreprise sont par exemple :

  • son emplacement pour un commerce, un fonds artisanal, une boutique ;
  • les perspectives économiques locales et nationales ;
  • l’état du marché, son potentiel ;
  • les perspectives géographiques dans la zone de chalandise (travaux et politique de la ville) ;
  • le volume du fichier clients et sa composition ;
  • la réputation de l’entreprise, sa notoriété (attention aux réseaux sociaux !) ;
  • l’état de l’outil de production, mais aussi sa modernité ou son obsolescence ;
  • le climat social au sein de l’entreprise ;
  • l’étape à laquelle se situe l’entreprise : en pleine croissance, ancrée sur son marché, leader, en stagnation depuis plusieurs années ou en déclin… ;
  • la situation économique de l’entreprise : état de la trésorerie, autonomie financière, en redressement voir liquidation judiciaire… ;
  • si l’entreprise est en croissance, le niveau de croissance observé d’année en année : croissance rapide, croissance lente ;
  • le nombre d’acquéreurs potentiels au moment de la cession.

Nos conseils de valorisation

  • Cerner les compétences-clés

La pérennité d’une TPE repose souvent sur son chef d’entreprise et sur quelques salariés. L’appréciation de l’équipe entourant le cédant doit donc être précise. Leurs compétences, leur ancienneté, leur degré d’implication, leur lien avec le dirigeant, voire avec d’autres collaborateurs, les clients ou fournisseurs sont à étudier de près. Une des étapes fondamentales de l’étude d’acquisition consiste donc à détecter ces collaborateurs-clés et à savoir s’ils sont prêts à rester dans l’entreprise.

Si c’est le cas, il convient d’étudier les conditions de validation de ce choix. Dans le cas contraire, il est impératif de voir s’il est possible de conserver les compétences. En effet, si la valeur de l’entreprise repose sur ces collaborateurs-clés, l’acquéreur risque d’acheter une entreprise riche de son passé, mais sans avenir…

Rappelons à l’image d’un club de football, qu’un joueur à l’instar d’un salarié homme-clé d’une entreprise, n’est pas une ressource stratégique.

  • Déceler les passifs cachés

Dangereux pour l’acquéreur, les passifs cachés sont des dettes non inscrites au bilan de l’entreprise mais que le repreneur devra honorer. Ce risque peut venir de l’État, si les règles fiscales n’ont pas été correctement appliquées (sous-évaluation de stocks, provisions injustifiées, erreurs formelles quant aux déclarations, justifications des charges engagées dans l’intérêt de l’entreprise, retards de déclarations…). Il peut aussi provenir des organismes sociaux si les rémunérations n’ont pas été correctement soumises aux cotisations sociales (en cas de sous-évaluation des avantages en nature, de remboursements forfaitaires de frais, d’erreurs sur les déclarations). Les salariés représentent, eux aussi, un danger si des litiges prud’homaux naissent ou sont en cours, de même que certains clients ou fournisseurs en cas de litiges commerciaux tels que des livraisons en retard, des contrats non respectés. Sans oublier les pouvoirs publics, en cas de non-respect des normes environnementales (liés à une pollution ou à des nuisances). L’audit d’acquisition doit ainsi balayer nombre d’aspects de la vie de l’entreprise pour appréhender ce risque, tout passif détecté réduisant la valeur de l’entreprise.

Un audit d’acquisition est donc indispensable avant toute transaction !

Nos experts

CELIANCE dispose d’une équipe dédiée aux missions d’évaluation d’entreprises. Ils sont actuellement 5 experts, dont 3 certifiés par la CCEF.
CELIANCE est présente au Collège national des évaluateurs (CCEF) et membre de la commission « évaluation des entreprises » de la CCEF (PARIS).
CELIANCE effectue des expertises en matière contentieuse soit comme expert judiciaire (Bertrand Grabisch) soit comme expert de parties.


Nos compétences et notre expertise dans le domaine de l’évaluation d’entreprises nous permettent d’intervenir dans des environnements très variés et dans tous les secteurs d’intervention.

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